Quand partir Canaries : mois par mois et en voiture
Quand partir Canaries : le climat mois par mois, la calima, quelle île choisir et ce que l'assurance de location ne couvre pas sur les pistes.
« Quand partir Canaries » est l’une des recherches les plus fréquentes sur l’archipel, et la réponse habituelle — « toute l’année, il fait beau » — n’aide personne à choisir une semaine précise. Elle est même trompeuse : entre janvier et septembre, la mer perd quatre degrés, les prix varient de 40 %, et le nord de Tenerife n’a rien à voir avec son sud. Ce guide donne le détail mois par mois, avec deux choses que les guides de voyage ne traitent jamais : la calima, et ce que l’assurance de votre voiture de location cesse de couvrir dès que le bitume s’arrête.
Quand partir Canaries : la réponse en trois lignes
- Meilleur compromis météo-prix-affluence : mai-juin et septembre-octobre. 22-28 °C, mer à 20-24 °C, tarifs 20 à 40 % sous la haute saison.
- Meilleur rapport qualité-prix absolu : novembre. Conditions encore excellentes, prix au plancher, et les hivernants ne sont pas encore arrivés.
- À éviter si vous cherchez le calme : les vacances de Noël et février (carnaval de Santa Cruz de Tenerife, le deuxième plus grand du monde après Rio), où l’archipel se remplit et les prix montent.
Le climat, île par île — et pourquoi la moyenne ment
L’erreur classique est de raisonner « les Canaries » comme un seul climat. Ça ne marche pas, pour deux raisons.
Les alizés. Ils soufflent du nord-est presque toute l’année. Résultat : le nord des îles est plus vert, plus nuageux et plus humide, le sud plus sec et plus ensoleillé. À Tenerife, il peut pleuvoir à Puerto de la Cruz pendant qu’il fait grand soleil à Los Cristianos, à une heure de route. C’est le motif numéro un pour lequel une voiture change le voyage : elle vous permet de changer de météo dans la journée.
L’altitude. Le Teide culmine à 3 715 m et la route qui y monte traverse plusieurs étages climatiques. Il n’est pas rare qu’il fasse 24 °C sur la côte et 6 °C au parador, avec de la neige en janvier-février. Prévoyez une polaire même en juillet.
Mois par mois
Janvier-février. 17-22 °C en journée, mer à 19-20 °C. C’est la haute saison des Européens du Nord : l’affluence est forte et les prix élevés, ce qui surprend ceux qui associent « hiver » et « pas cher ». Le carnaval de Santa Cruz, en février, est un événement majeur — génial si c’est ce que vous venez chercher, à éviter sinon.
Mars-avril. La transition. Les températures remontent, la mer reste fraîche, et les prix redescendent une fois passées les vacances de Pâques. Bonne période pour la randonnée.
Mai-juin. L’un des deux meilleurs créneaux. Juin est probablement le mois le plus régulier de l’année : soleil fiable, alizés doux, mer qui remonte, et peu de monde avant l’arrivée des vacanciers d’été.
Juillet-août. Chaud et sec (23-28 °C), venteux sur les côtes exposées, et plein de familles espagnoles et européennes. Ce n’est pas la canicule du continent, mais c’est la période la plus chère et la plus fréquentée de l’été.
Septembre-octobre. Le meilleur moment pour la baignade : la mer atteint son maximum annuel, autour de 23-24 °C, et la foule d’août s’est retirée. Si vous ne deviez retenir qu’une période, c’est celle-là.
Novembre. Le mois le plus sous-estimé. Météo encore très bonne, mer à 22 °C, prix au plus bas et îles calmes avant la vague hivernale de décembre.
Décembre. Deux mois en un. Les trois premières semaines sont calmes et abordables ; la période de Noël et du Nouvel An fait bondir l’hébergement et la location de voiture comme en plein août.
La calima : ce qu’aucun tableau climatique ne montre
Plusieurs fois par an, une masse d’air chargée de sable saharien traverse l’archipel. C’est la calima. Elle fait monter la température de quelques degrés, réduit la visibilité — le Teide disparaît depuis la côte — et laisse un dépôt jaunâtre sur tout, votre voiture de location comprise.
Ce qu’il faut en retenir concrètement :
- Elle est plus fréquente en hiver et au début du printemps, mais peut survenir à n’importe quelle saison.
- Un épisode dure généralement un à trois jours.
- Elle ne justifie pas d’éviter une période, mais elle explique pourquoi une semaine peut être décevante alors que « statistiquement » le mois est parfait.
- Si vous avez des problèmes respiratoires, c’est un jour à passer à l’intérieur.
Quelle île, selon ce que vous cherchez
- Tenerife — la plus variée : le Teide, un nord verdoyant et un sud sec, des villes. Le meilleur choix pour un premier voyage, et aussi la plus fréquentée.
- Grande Canarie — un « continent miniature » : dunes de Maspalomas au sud, montagnes au centre, Las Palmas au nord. Bon réseau de bus (Global).
- Lanzarote — paysages volcaniques et l’œuvre de César Manrique. Compacte, facile à conduire.
- Fuerteventura — les plus grandes plages de l’archipel et le vent le plus constant. Sports de glisse, espace, peu de monde.
- La Palma, La Gomera, El Hierro — pour la randonnée et le calme. Routes de montagne lentes et sinueuses : comptez le double du temps que suggère la carte.
Pour un premier séjour hivernal, le duo qui fonctionne le mieux est Tenerife sud ou Fuerteventura : ce sont les zones les plus abritées des alizés et les plus fiables côté soleil.
Pourquoi la voiture change tout aux Canaries
Sans véhicule, vous n’accédez qu’à une petite partie des sites naturels majeurs de l’archipel. Les bus relient les villes et les grandes stations, pas les miradors, les départs de sentier ni les criques.
Trois arguments concrets :
- Vous pouvez fuir la météo. C’est l’atout décisif sur les grandes îles : nuageux au nord, soleil au sud, une heure de route entre les deux.
- Ça coûte peu. Pas de péages, du carburant moins cher qu’en Espagne continentale, des distances courtes.
- La location y est bon marché et abondante, surtout à Tenerife, Grande Canarie, Lanzarote et Fuerteventura, où l’offre est concentrée autour des aéroports.
En basse saison, l’écart de prix avec juillet-août est considérable. Vous pouvez comparer les prix de location de voiture aux Canaries pour vos dates avant d’arbitrer entre deux semaines voisines — et réserver tôt, parce que ce sont les véhicules les moins chers qui partent en premier, pas l’inverse.
Les pistes et l’assurance : l’exclusion qui coûte cher
Voici le point sur lequel presque tous les articles « quand partir » font l’impasse, et qui peut coûter une caution entière.
Pratiquement tous les contrats de location aux Canaries excluent les dommages subis sur routes non goudronnées, y compris quand vous avez payé la formule tous risques. Ce n’est pas une clause cachée, c’est une exclusion standard, au même titre que les bris de glace, les pneus et le bas de caisse.
Les endroits où le piège se referme sont toujours les mêmes :
- La piste de Cofete, à Fuerteventura : une vingtaine de kilomètres de terre depuis Morro Jable.
- Les accès à la plage de Papagayo, à Lanzarote.
- Les chemins du Teno et de l’Anaga, à Tenerife, dont plusieurs sont par ailleurs interdits ou réglementés.
Ajoutez-y une particularité locale : à Masca, à Tenerife, la route est étroite, très pentue et fréquemment citée dans les conditions de location comme déconseillée. Elle est goudronnée, donc couverte, mais c’est là que se produisent les accrochages de rétroviseurs.
Avant de partir, regardez ce que vaut vraiment un rachat de franchise : sur un archipel où l’on roule beaucoup sur des routes étroites, c’est l’une des rares options additionnelles qui se justifient — mais elle ne rachète pas les exclusions ci-dessus, qui restent hors couverture quel que soit le niveau souscrit.
Le parc national du Teide : la route est excellente, mais on y passe de 24 °C sur la côte à 6 °C au sommet.
Conduire aux Canaries : ce qui diffère du continent
Les règles sont celles de l’Espagne — le détail complet est dans notre guide pour conduire en Espagne — avec quelques spécificités locales :
- Aucun péage. Contrairement au continent, où le sujet se pose vraiment (voir les péages en Espagne), l’archipel n’a pas une seule autoroute payante.
- Les ronds-points sont partout et la priorité est à celui qui est déjà engagé.
- Les routes de montagne sont lentes. Comptez systématiquement 1,5 à 2 fois le temps annoncé par le GPS sur les routes du nord de Tenerife, de La Gomera et de La Palma.
- Le stationnement en station balnéaire (Los Cristianos, Corralejo, Puerto del Carmen) est le vrai point noir en haute saison. En basse saison, ce n’est plus un sujet.
- Les chèvres et les cyclistes. Les premières dans l’intérieur, les seconds partout : l’archipel est un terrain d’entraînement hivernal pour les pros européens.
Si vous hésitez entre les Canaries et une île méditerranéenne pour une semaine hors saison, le raisonnement est le même que celui que nous détaillons pour la location de voiture pas chère à Ibiza : c’est le mois, pas la destination, qui fait la moitié de l’écart de prix.
Réserver : le bon ordre
- Choisissez le mois avant l’île. C’est lui qui décide du prix et de l’affluence.
- Puis l’île, en fonction de ce que vous voulez faire, pas de la photo.
- Puis le logement, en visant le sud si vous partez entre novembre et mars.
- La voiture en dernier, mais pas au dernier moment : le stock bon marché part tôt, surtout autour de Noël et pendant le carnaval.
Aux Canaries, la bonne question n’est pas « quand fait-il beau » — la réponse est presque toujours oui — mais « quand est-ce que la mer, les prix et la foule s’alignent ». Cet alignement se produit deux fois par an, en mai-juin et en septembre-novembre. Le reste tient à une décision que vous prenez avant de partir : jusqu’où va votre itinéraire sur le bitume, parce que c’est exactement là que s’arrête votre assurance.
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